{"id":315,"date":"2016-04-24T06:47:04","date_gmt":"2016-04-24T04:47:04","guid":{"rendered":"http:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/?p=315"},"modified":"2016-04-24T06:47:04","modified_gmt":"2016-04-24T04:47:04","slug":"la-symbolique-de-la-fenetre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/?p=315","title":{"rendered":"La symbolique de la fen\u00eatre"},"content":{"rendered":"<p>\t\u0152dipe Roi est une trag\u00e9die grecque de Sophocle \u00e9crite entre 430 et 420 avant J\u00e9sus-Christ, qui met en sc\u00e8ne le destin tragique de \u0152dipe le roi maudit. En 1967, Pasolini tourne une adaptation de cette \u0153uvre mythique \u00ab Edipo re \u00bb, o\u00f9 il en profite pour mettre en ab\u00eeme sa vie et son propre complexe d\u2019Oedipe dans le prologue et l\u2019\u00e9pilogue. Par la suite, nous pouvons nous demander quelle est la symbolique de la fen\u00eatre durant tout le film. Dans une premi\u00e8re partie, nous verrons qu\u2019elle met en lumi\u00e8re le symbole du mythe et du complexe d\u2019Oedipe ; ensuite, nous verrons que par la fen\u00eatre, il y a un jeu de regards entre les spectateurs et les personnages.<!--more--><\/p>\n<p>I) La fen\u00eatre, symbole du complexe<br \/>\na) Le d\u00e9but du complexe<\/p>\n<p>\tLes premi\u00e8res fen\u00eatres apparaissent d\u00e8s le d\u00e9but du prologue o\u00f9 l\u2019on voit deux fen\u00eatres ouvertes qui ne permettent pas de voir \u00e0 l\u2019int\u00e9rieur. Ces deux fen\u00eatres peuvent symboliser le d\u00e9but du mythe, puis du complexe d\u2019Oedipe car ce plan est suivi de la naissance de l\u2019enfant, que l\u2019on voit \u00e0 travers la fen\u00eatre. Durant le prologue, nous pouvons voir que toutes les fen\u00eatres sont ouvertes. On pourrait voir ici que le complexe d\u2019Oedipe commence petit \u00e0 petit, car \u00e0 sa fen\u00eatre, l\u2019enfant pleure et appelle sa m\u00e8re. En effet, l\u2019enfant regarde ses parents danser \u00e0 travers la fen\u00eatre du bal et d\u00e9veloppe petit \u00e0 petit de la jalousie envers son p\u00e8re ; il veut sa m\u00e8re uniquement pour lui, souhaite que son p\u00e8re s\u2019en aille. D\u2019ailleurs ce dernier lui a dit : \u00ab Tu es n\u00e9 pour prendre ma place dans ce monde et me rejeter dans le n\u00e9ant, me voler ce qui m\u2019appartient. C\u2019est elle que tu me voleras en premier, elle la femme que j\u2019aime. D\u2019ailleurs, tu me voles d\u00e9j\u00e0 son amour \u00bb. Le fait que la fen\u00eatre symbolise le complexe se voit \u00e9galement apr\u00e8s le prologue. En effet, pendant qu\u2019Oedipe fait son discours pour r\u00e9soudre le probl\u00e8me de la peste, il cherche le regard de Jocaste ; celle-ci le lui rend depuis sa fen\u00eatre. Si la chambre symbolise la v\u00e9rit\u00e9, cela signifierait que la fen\u00eatre est une sorte d\u2019interface entre la vision d\u2019Oedipe et celle-ci. De plus, nous voyons Jocaste au-dessus de tous les habitants de Th\u00e8bes, montrant que la v\u00e9rit\u00e9 qu\u2019ils cherchent se trouve au-dessus d\u2019eux. Les habitants ne voient pas ce qu\u2019il y a dans la chambre, mais Jocaste de sa fen\u00eatre peut tout voir. Nous pouvons voir \u00e9galement une sorte d\u2019accomplissement du destin car c\u2019est dans cet endroit que Jocaste mettra fin \u00e0 ses jours.<\/p>\n<p>b) Accomplissement du destin<\/p>\n<p>\tL\u2019accomplissement du destin se voit surtout \u00e0 la fin du film avec la d\u00e9couverte du corps de Jocaste. En effet, sur ce plan, Jocaste est pendue et se trouve dans l\u2019obscurit\u00e9 tandis que la lumi\u00e8re venant de la fen\u00eatre \u00e9claire devant elle. Ici, le fait que la fen\u00eatre symbolise la v\u00e9rit\u00e9 est accentu\u00e9 car la lumi\u00e8re \u00e9claire le visage de Jocaste ainsi que son corps mort. La fen\u00eatre n\u2019est pas tr\u00e8s visible, cach\u00e9e par les murs de la chambres. N\u00e9anmoins, cette d\u00e9couverte de la v\u00e9rit\u00e9 est vue \u00e9galement peu avant le suicide de Jocaste, lors d\u2019une sc\u00e8ne d\u2019amour o\u00f9 Oedipe \u00ab l\u2019agresse \u00bb sentant qu\u2019il s\u2019est rapproch\u00e9 de la solution de l\u2019\u00e9nigme qu\u2019il tente de r\u00e9soudre. Dans cette sc\u00e8ne-ci, la fen\u00eatre se trouve derri\u00e8re eux, elle \u00e9claire leurs corps comme pour montrer qu\u2019ils se rapprochent peu \u00e0 peu de la v\u00e9rit\u00e9. L\u2019accomplissement du destin se voit une derni\u00e8re fois dans l\u2019\u00e9pilogue, lorsqu\u2019Oedipe et Angelo marchent devant l\u2019ancienne maison d\u2019Oedipe. Cela signifie un retour au point de d\u00e9part, mais, le fait que toutes les fen\u00eatres soient ici totalement ferm\u00e9es contrairement au prologue o\u00f9 elles \u00e9taient ouvertes montrent que le complexe d\u2019Oedipe a \u00e9t\u00e9 r\u00e9solu.<\/p>\n<p>\tMais la fen\u00eatre n\u2019est pas seulement le symbole de la v\u00e9rit\u00e9, elle symbolise \u00e9galement le voyeurisme.<\/p>\n<p>II- Le voyeurisme<br \/>\na)\tJeu de regards entre les personnages et le spectateur<\/p>\n<p>Premi\u00e8rement, nous pouvons voir que dans le film, les premiers jeux de regards entre les spectateurs et les personnages apparaissent lors du retour de Cr\u00e9on en ville. D\u00e8s lors, nous avons une alternance de plans sur trois femmes diff\u00e9rentes \u00e0 leurs fen\u00eatres ;  \u00e9trangement, ces femmes ne regardent pas Cr\u00e9on, qui apporte une bonne nouvelle : mais elles regardent le cam\u00e9raman, elles nous regardent nous, les spectateurs. Elles nous observent d\u2019un regard \u00e9nigmatique et joueur, comme si elles \u00e9taient les seules \u00e0 conna\u00eetre la v\u00e9rit\u00e9. Elles entrent donc en contact  visuel avec les spectateurs, les seuls qui connaissent aussi la v\u00e9rit\u00e9, dans ce monde d\u2019ignorants.<br \/>\nDeuxi\u00e8mement, nous pouvons voir qu\u2019il y a aussi un certain jeu de regards entre les deux personnages principaux : Oedipe et Jocaste. Lorsqu\u2019Oedipe fait son discours devant tout son peuple, il l\u00e8ve les yeux vers la chambre conjugale, \u00e0 la recherche du regard de sa femme. On y voit ici, une sorte de double jeu dans le regard, car le regard du roi \u00e0 Jocaste peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9 comme celui d\u2019un \u00e9poux amoureux qui recherche celui de la femme qu\u2019il aime ; mais aussi celui d\u2019un enfant perdu, qui cherche le regard de sa m\u00e8re comme pour se rassurer face \u00e0 ses responsabilit\u00e9s, face \u00e0 son destin qui commence \u00e0 s\u2019accomplir petit \u00e0 petit. <\/p>\n<p>b)\tLa violation de l\u2019intimit\u00e9<\/p>\n<p>Dans le film de Pasolini, on voit que la fen\u00eatre nous donne aussi acc\u00e8s \u00e0 l\u2019intimit\u00e9 des personnages principaux. Premi\u00e8rement, nous le voyons dans le prologue o\u00f9 on assiste \u00e0 la naissance d\u2019Oedipe, le personnage principal et le roi maudit par la mal\u00e9diction de l\u2019oracle. Plus tard dans le prologue, Oedipe b\u00e9b\u00e9 quitte son lit et s\u2019approche du balcon o\u00f9 il observe ses parents danser derri\u00e8re une fen\u00eatre. Il appelle d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment sa m\u00e8re, et par ses cris, il esp\u00e8re que Jocaste interrompe son moment intime avec son mari et qu\u2019elle vienne s\u2019occuper de lui. Par la suite, c\u2019est cela qui poussera La\u00efos \u00e0 se d\u00e9barrasser de son fils.<br \/>\n\tDeuxi\u00e8mement, nous pouvons observer cette violation de l\u2019intimit\u00e9 dans les sc\u00e8nes d\u2019amour entre Oedipe et Jocaste. Lors de leur premi\u00e8re nuit conjugale, les deux amants sont sur le lit, s\u2019\u00e9changent des regards et commencent \u00e0 se d\u00e9shabiller. La lumi\u00e8re de la lune (ici, elle peut \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9e comme \u00e9tant une pr\u00e9sence divine) passe \u00e0 travers la fen\u00eatre et \u00e9claire parfaitement le lit, Oedipe et Jocaste. Ici, la fen\u00eatre peut \u00eatre vue comme \u00e9tant une sorte de m\u00e9diateur entre les deux amants et les dieux, et donc le destin qu\u2019ils sont en train d\u2019accomplir sans m\u00eame s\u2019en rendre compte. La fen\u00eatre est, ici encore, un moyen de voir l\u2019accomplissement du destin tragique d\u2019Oedipe. <\/p>\n<p>Conclusion :<\/p>\n<p>\tPour conclure, nous observons que tout au long du film de Pasolini, la fen\u00eatre a plusieurs symboliques qui varient en fonction des sc\u00e8nes du film, mais elle garde toujours un m\u00eame r\u00f4le : elle permet aux personnages comme aux spectateurs de voir la v\u00e9rit\u00e9. Premi\u00e8rement, on voit que la fen\u00eatre permet aux spectateurs de voir l\u2019accomplissement progressif du destin d\u2019Oedipe, le roi maudit. On le voit d\u00e8s le prologue, avec la naissance d\u2019Oedipe et les circonstances de l\u2019abandon de ce dernier. Par la suite, et ce durant tout le film, on le voit lors de la nuit de noces d\u2019Oedipe et Jocaste, lorsque Oedipe commence \u00e0 comprendre la v\u00e9rit\u00e9 et bien \u00e9videmment lors du suicide de Jocaste. Deuxi\u00e8mement, on voit que la fen\u00eatre permet aux personnages d\u2019effectuer un jeu de regard avec les spectateurs ; mais aussi d\u2019entrer dans l\u2019intimit\u00e9 des personnages principaux.  <\/p>\n<p>Hernandez Emma<br \/>\nGoulamaly Insiyah<br \/>\nB\u00e9ringuer-Carrey M\u00e9lissa<\/p>\n<p class=\"bawpvc-ajax-counter\" data-id=\"315\"> (0)<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u0152dipe Roi est une trag\u00e9die grecque de Sophocle \u00e9crite entre 430 et 420 avant J\u00e9sus-Christ, qui met en sc\u00e8ne le destin tragique de \u0152dipe le roi maudit. En 1967, Pasolini tourne une adaptation de cette \u0153uvre mythique \u00ab Edipo re \u00bb, o\u00f9 il en profite pour mettre en ab\u00eeme sa vie et son propre complexe &hellip; <a href=\"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/?p=315\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">La symbolique de la fen\u00eatre<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":55,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_links_to":"","_links_to_target":""},"categories":[80],"tags":[109,111,91,110],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/315"}],"collection":[{"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/55"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=315"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/315\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":316,"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/315\/revisions\/316"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=315"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=315"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/portail.lapossession.ac-reunion.fr\/wordpress\/blogtl-2014\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=315"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}